Thèse : "Commercer et consommer à l’époque romaine entre la Loire et le littoral : les amphores dans l’ouest de la Gaule de la fin du second âge du fer au Haut-Empire"
sous la direction de Martial Monteil (Nantes Université, CReAAH-LARA), Séverine Lemaître (Université de Poitiers, HerMA)
Amphore à huile hispanique Dres. 20 découverte sur le site de la rue Audren de Kerdel à Vannes (Morbihan), présentant des traces de découpes et une estampille apposée sur une anse. Réutilisée en contexte artisanal, elle a été découverte posée à l’envers et contenant trois vases en céramique (clichés et dessin : Céram).
Le projet de thèse porte sur l’analyse de l’histoire économique et sociale antique de l’ouest de la Gaule durant l'Antiquité. La source documentaire privilégiée correspond aux amphores découvertes dans la région des Pays de la Loire et ses marges.
L’amphore, récipient en céramique fabriqué dans l’ensemble du bassin méditerranéen ainsi qu’en Gaule romaine, est utilisée pour la conservation et le transport de produits – principalement des vins, des huiles d’olive ou des sauces et salaisons de poissons. Cet objet solide et résistant dans le temps, apparaît comme un excellent traceur de circulations des marchandises.
Les recherches se donnent pour objectif d’élaborer une synthèse des données issues de fouilles archéologiques, afin d’évaluer la quantité et les types d’amphores retrouvés sur les territoires étudiés. Elles reposent sur une approche globale prenant en compte tous les types d’amphores (exogènes ou produites régionalement), provenant d’ensembles issus d’agglomérations antiques (chefs-lieux de cités, agglomérations secondaires), d’établissements ruraux littoraux de la côte atlantique, de l’embouchure de la Loire ou de l’arrière-pays.
L’analyse des arrivages amphoriques permettra d’évaluer l’évolution du commerce des récipients entre les périodes de la fin du second âge du Fer et du Haut-Empire (IIe s. av. J.-C. - IIIe s. apr. J.-C.), afin de mettre en lumière l’organisation économique des cités antiques des Vénètes, des Namnètes, des Andicaves, des Diablintes, des Cenomans et des Pictons.
L’enquête permettra également d’approcher les modalités de consommation et les comportements sociaux antiques. L’étude des produits contenus dans les amphores nous informera sur l’évolution de l’alimentation et les façons de cuisiner des gaulois et des gallo-romains, ou encore sur les pratiques rituelles, comme peut en témoigner l’utilisation du vin sur les lieux de culte ou funéraires.
En tant que vestiges du développement des activités humaines, les amphores permettront aussi d’aborder certains thèmes liés aux activités artisanales et agricoles, tels que les procédés de fabrication des conteneurs ou le développement de la viticulture en Gaule romaine.
Enfin, l’observation des traces de manipulation, d’usure et de remploi aidera à comprendre les modalités d’utilisation, les procédés de rejet et de recyclage des récipients qui peuvent différer en fonction des contextes (domestiques, religieux, artisanaux…).
Nantes, le 14/01/26